• Mesnières-en-Bray, Boissay, Vascœuil et leurs vide greniers

    Dimanche aux aurores sur l’autoroute qui mène à Neufchâtel-en-Bray l’énorme montgolfière rouge qui se lève à l’est se transforme peu à peu en soleil. Le beau temps est assuré mais quand je quitte la voie rapide et prends la route de Mesnières-en-Bray, me voici dans le brouillard. Je trouve néanmoins ce village où je ne suis jamais venu, me gare à son entrée. Les exposant(e)s déballent en divers endroits non reliés les uns aux autres. Je fais plusieurs fois le tour, vite conscient qu’ici on n’a pas de livres intéressants à vendre. La layette en revanche est à foison. On ne pourra jamais faire autant de bébés qu’il en faudrait pour réutiliser tous ces vêtements. Peu d’acheteuses et d’acheteurs, la faute peut-être aux vacances, une femme arabe à fichu demande le prix de quelque chose. « Quatre euros » lui dit la vendeuse. « Un euro » propose la dame. « Faut peut-être que je vous le donne et vous l’emballe en plus ? ». « Non merci, je ne demande pas la charité, j’ai de l’argent pour payer ». Cette désagréable vendeuse n’est pas la seule dans ce village à avoir la tête d’une électrice du F-Haine. Je demande à un couple de quadragénaires combien ce téléphone à fil. « Trois euros », je propose deux, le duo en chœur mal aimablement : « deux cinquante ». « Comme vous voulez », leur dis-je en repartant sans. Il y a un château, paraît-il, à Mesnières-en-Bray mais je ne sais où. En revanche, je visite l’ancien four à pain devenu toilettes municipales.

    Le brouillard s’est levé quand je reprends la route direction Vascœuil, arrêt prévu à Boissay, croisant voitures avec accrochés derrière vélos ou caravanes, songeant à toutes ces années où, en solitaire ou bien accompagné, je prenais la route du sud. A Neufchâtel, je me perds et me retrouve dans un Bosc-Bordel. Ayant rétabli la situation, je suis assez vite à Boissay dont j’ignorais jusqu’à l’existence, village minuscule et en fête, bottes de paille, chamboule-tout à boîtes de conserve, tables à nappes rouges pour grillades à midi, Dalida du début dans la sono et vide grenier tiré au cordeau. La population locale est assez sympathique mais n’a rien à me proposer que je pourrais acheter.

    Il en est de même à Vascœuil, lieu empli de souvenirs qui rendent mélancolique, où le déballage se tient dans un pré autour du Centre de Loisirs, plus qu’à rentrer à Rouen en espérant que l’embouteillage ne sera pas à l’arrivée.

    *

    A Mesnières-en Bray, la fille Le Pen a fait vingt-deux pour cent au premier tour des dernières Présidentielles, à Boissay vingt et un, à Vascœuil dix-neuf. Ces campagnes se valent.

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