• Meyer et Writing Ground par l’Alonzo King LINES Ballet à l’Opéra de Rouen

    J’ai place en corbeille dans le carré des abonné(e)s de première catégorie, dont certain(e)s se passent de danse, à l’Opéra de Rouen ce lundi soir où se produit l’Alonzo King LINES Ballet venu de la côte ouest des Etats-Unis. Deux chorégraphies sont au programme dont la seconde fut une commande du Ballet de Monte-Carlo. C’est un indice. La lecture de la note d’intention me le confirme : place au néo classique.

    Que raconte Alonzo King ? « Le corps humain, avec son esprit, son cœur et son centre céphalo-rachidien est un instrument de musique, un traité et un microcosme du macrocosme. » et aussi « Notre manquement aux mots est dû au fait que nous ne sommes plus adeptes de la télépathie. »

    New Age is not dead et Alonzo King est son prophète halluciné.

    Meyer doit son nom au compositeur de sa musique, Edgar Meyer, néo classique également, violoncelle violon contrebasse, et se danse devant un rideau d’eau scintillante. Dans le genre, c’est du bon, qui ne peut que plaire au plus grand monde. Les douze danseuses et danseurs sont du meilleur niveau, les applaudissements itou.

    A l’entracte, tous les avis sont le même :

    -Ah bah, ça c’est de la danse hein, c’est pas de la gymnastique.

    -Et puis la musique, c’est harmonieux, on n’a pas du boum boum dans les oreilles.

    -Et les filles, ces jolies petites tuniques, ça fait longtemps qu’on n’a pas eu aussi bien.

    Writing Ground se danse sur des musiques sacrées juive, chrétienne, musulmane et tibétaine. Colum McCann en est l’inspirateur, il a même aidé pour les lumières. Dans le dernier tableau, Meredith Webster, proie de quatre danseurs qui la manipulent à l’envi, verse une fausse larme mais tout le monde sait bien que ce sont des gentils au fond, qui ne lui feront pas de mal.

    « Magnifique » « Superbe » entends-je autour de moi à l’issue dans le tonnerre d’applaudissements et de bravos qui tourne à l’ovation debout. Les yeux brillent, certain(e)s ne sont pas loin de l’orgasme, comme le monde est beau et que vienne vite l’ère du Verseau.

    *

    Ce mardi matin j’avise des « gars de la ville » installant des haut-parleurs dans la rue Saint-Romain. Je demande à l’un pourquoi.

    -C’est pour les fêtes de Noël, me dit-il.

    Sont-ce les commerçants (sacrifiés mais pas résignés) qui sont à l’origine de cette future nuisance sonore ? Ce pourrait. Abrutissons, abrutissons, c’est bon pour la consommation.

    *

    Communiqué de la Mairie de Rouen : « Afin d’honorer sa mémoire, Yvon Robert, le Maire de Rouen, proposera en janvier, lors du prochain Conseil Municipal, de donner à l’un des lieux de la capitale normande le nom de Nelson Mandela. « Nous devons préserver la mémoire de cet homme qui s’est battu pour ses convictions mais surtout pour défendre tout un peuple aspirant à la liberté », insiste Yvon Robert. »

    Heureusement que Robert (Maire) est là, sinon dans cinquante ans plus personne dans « la capitale normande » ne saurait qui est Mandela. Qu’en dit Caen, l’autre capitale normande ?

    Partager via Gmail Yahoo!