• Par le train de Rouen à Bordeaux

    Je suis dans un train coutumier pour aller à Paris ce vendredi matin puis direction la gare Montparnasse. Après un café au pied de la tour bourrée d’amiante, je prends place dans le Tégévé pour Bordeaux et même en première classe (ne nous refusons rien, c’était cinq euros supplémentaires). J’ai un fauteuil isolé mais pas sans vis-à-vis. En face de moi une dame lit Le Père adopté de Didier van Cauvelaert et je relis les Carnets de Varsovie de Kazimierz Brandys, autant dire qu’on a peu en commun. Avant le départ le contrôleur vire un jeune homme à capuche et à louches intentions puis annonce la présence d’un défibrillateur dans la voiture quatre, à utiliser en cas de crise cardiaque.

    On se retrouve vite au milieu de plaines où ne tournent pas les éoliennes. Beaucoup descendent dans une gare inconnue de moi du nom de Saint-Pierre-des-Corps d’où l’on peut rejoindre Lyon (y stagne un train estampillé Haute-Normandie). L’arrêt suivant est Poitiers d’où l’on peut s’échapper pour La Rochelle. Je n’y vois pas Maéva sur le quai. De temps en temps nous frôlons des chantiers d’autoroute où personne ne travaille. De l’eau remplit des champs et à l’horizon peu de gens. Puis viennent Angoulême d’où l’on n’a guère de correspondances et Libourne qui peut mener à Périgueux. Nous ne sommes plus que trois dans la voiture quand apparaissent les vignes puis Bordeaux. Le contrôleur annonce une correspondance pour Nice. Je la dédaigne et me trouve bientôt sur le parvis de la gare Saint-Jean. Un autochtone me conseille le tramouais pour aller dans le quartier des Chartrons où je dois nuiter, ce que je fais et sans payer car la borne automatique est en panne.

    Mon hôtel est bien caché dans une petite rue pavée qui ne figure pas sur le plan de la ville. La patronne me fait payer d’avance les sept nuits. Grâce à une réduction due au Guide du Routard et à des calculs alambiqués, la nuit ne me coûte que trente-cinq euros, petit déjeuner inclus sauf le dimanche et le dernier matin, cela pour une chambre avec fenêtre, douche et vécé.

    Je fais un tour dans les Chartrons où nichent les antiquaires puis gagne les quais de la Garonne où je me promène en chemise profitant du dérèglement climatique, prêt à voter Juppé aux municipales.

    *

    Passent un faux J R suivi d’un faux Keith Haring.

    *

    Dîner à La Plazza, place du Marché des Chartrons. Autour de la halle prolifèrent les bars et les restaurants. Beaucoup de monde est en terrasse malgré la fraîcheur revenue. Un tartare de bœuf à l’italienne frites maison et salade sera mon choix accompagné du vin local.

    Partager via Gmail Yahoo!