• Parenthèse avec celle qui me tient encore la main dans les rues de la ville

    Quand arrive ce samedi matin de Paris celle qui me tient encore la main dans les rues de la ville, nous faisons un tour au marché du Clos Saint-Marc puis juste avant que la pluie ne revienne trouvons place au Vascœuil. Devant une boisson chaude, elle me raconte les péripéties de sa vie, assurément plus mouvementée que la mienne : son logeur qui la met dehors à la fin de l’année, son travail qu’elle va plus ou moins quitter au même moment et le mois qu’elle compte passer à New York début deux mille quatorze afin d’y rencontrer un maximum de monde susceptible de lui offrir du travail là-bas.

    A midi, nous entrons à La Petite Auberge, rue Martainville, où j’ai réservé une table. Près de nous s’assoit un couple d’Anglais trempés comme des soupes. Deux veuves commandent une tête de veau (peut-être en souvenir de leurs maris). Une famille s’installe au fond, composée d’un homme et d'une femme dans la trentaine, de leurs trois garçons dont un bébé qui bientôt se baladera un peu partout suivi de sa mère sans toutefois parvenir jusqu’à nous, de la grand-mère et de l’arrière-grand-mère (où sont les hommes ?).

    Tout en dégustant, elle une quenelle de brochet, moi deux coupelles d’escargots (l’une traditionnelle, l’autre cannelle gingembre), nous continuons à parler de nos vies respectives. Sur notre table trône une bouteille de ce petit bordeaux que nous apprécions, La Cuvée du Père Tranquille. Les deux salles sont bientôt totalement occupées.

    Le plat principal nous est commun : confit de canard aux pommes sarladaises puis c’est salade pour elle et fromage au pluriel pour moi : pont-l’évêque, camembert, saint-nectaire et même un peu de livarot en quatrième grâce au bon vouloir de l’aimable serveur. Il nous indique que pour un restaurateur, ce qui coûte le plus cher dans un menu, c’est justement le plateau de fromages. En dessert, elle opte pour la crème brûlée et moi pour le tiramisu. Il est trois heures moins le quart lorsque, conséquence de notre situation nouvelle, nous partageons l’addition en deux.

    Nous parcourons sous la pluie le court chemin jusqu’à chez moi. Le café et le thé pris sur le bar de la cuisine américaine, il nous faut une petite sieste. Avant qu’elle ne reparte, je lui lis une partie du texte de grand-père Jules sur son adolescence.

    « Nous savons si bien nous entendre toujours... », m’écrit-elle une fois arrivée dans la capitale.

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