• Paris : Tokyotori, Luxembourg, Book-Off

    Ce samedi, me voici arpentant la rue de Vaugirard avec celle qui m’invite au restaurant. Nous passons devant le Musée du Luxembourg où d’autres font file pour voir Chagall. Je vise la rue Monsieur-le-Prince. Il est presque midi quand nous arrivons chez Tokyotori, le restaurant japonais à la chinoise où nous avons carte de fidélité. La seule table à l’ombre en terrasse est pour nous.

    Soupe, salade, sushis, sashimis, makis, vin blanc en pichet, tel est notre menu et comme on est bien ici, dans cette rue où ne passent guère de voitures, nous commandons encore du vin et d’autres makis puis des coupes de glaces, café et vanille pour elle, menthe et chocolat pour moi.

    Le jardin du Luxembourg s’impose. Nous nous y affalons sur des chaises à dossier incliné qui s’avèrent moins confortables qu’espéré. Elle a envie de s’allonger sur la pelouse mais comme nul n’y est, ce doit être interdit, lui dis-je.

    -Pourquoi ?

    -Pour ne pas donner le mauvais exemple aux Sénateurs.

    Je finis par céder et nous voici bientôt installés dans un coin tranquille mais quelques minutes plus tard un visage en uniforme se penche vers nous et nous dit de quitter l’herbe. Heureusement, deux chaises sont libres au pied de la fontaine Médicis, d’où nous observons une famille de canards. Les minuscules canetons n’hésitent pas à se jeter dans le vide d’une hauteur d’un mètre pour passer d’un bassin supérieur à un bassin inférieur. Sur la pelouse d’en face, plein de monde se prélasse jusqu’à ce qu’une escouade de gardiens à sifflet fasse dégager.

    En fin d’après-midi le métro nous emmène à Pyramide. Rue des Augustins, nous prenons une boisson fraîche avant d’entrer chez Book-Off et d’en ressortir avec des livres et un cédé. Elle m’accompagne à pied jusqu’à Saint-Lazare, Nous sommes autant fatigués l’un que l’autre quand nous nous quittons.

    J’entre dans la gare et découvre que le train pour lequel j’ai un billet, celui de dix-neuf heures vingt, n’existe pas, A l’Information, on m’apprend qu’il a été supprimé pour cause de travaux Je dois attendre vingt heures vingt. Ce n’est pas un direct, de plus jusqu’à Mantes-la-Jolie il se traîne sur une voie parallèle. Ce n’est à qu’à vingt-deux heures trente que je suis chez moi, extenué et maudissant une fois de plus la Société Nationale des Chemins de Fer Français.

    *

    Rouen. Rue de la République. Le passant et l’habitant le regrettent depuis des mois : les vide-ordures enterrés ne sont toujours pas en service. Ceux à demi installés ont même disparu. Ne restent que les coffrages en béton entourés de grilles du plus bel effet afin que nul n’y tombe.

    *

    Rouen encore. Parvis de la Cathédrale. Des écrits en blanc sur le sol :

    « C’est dans les villes les plus peuplées que l’on peut trouver la plus grande solitude. », c’est signé Jean Racine.

    « Il est peut de plaies morales que la solitude ne guérisse. », c’est signé Honoré de Balzac.

    On constate que Racine a une meilleure orthographe que Balzac.

    *

    Rouen toujours. Après le café en attente proposé dans trois établissements de la ville (rappel : tu le paies et un miséreux le boira à ta place), voici le livre en attente dans une bouquinerie (tu l’achètes et le miséreux le lira à ta place). Prochaine étape : la pipe en attente, gâterie prépayée à consommer boulevard de la Marne.

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