• Peppermint Candy de Lee Chang-Dong à l’Agora du Cinéma Coréen

    Une grande inscription à la peinture blanche orne le mur du Palais Archiépiscopal au croisement des rues Saint-Romain et de la République lorsque je mets le pied dehors en cette Toussaint de pluie. C’est du latin un peu coulant « Omnia sunt communia », trois mètres de long sur un mètre de haut, devant lequel je ne m’attarde pas, me pressant vers l’Omnia afin d’y voir un deuxième film de l’Agora du Cinéma Coréen : Peppermint Candy de Lee Chang-Dong.

    C’est bien la peine d’arriver dans les premiers et d’attendre longuement dans le couloir étroit que la séance précédente s’achève, une spectatrice qui ne m’est pas inconnue double tout le monde avec un sans-gêne consommé. Suivie de son mari, elle entre dans la minuscule salle six avant le feu vert et lorsque j’y arrive est déjà assise à la place que je convoitais au bout du dernier rang. Fulminant, je me case deux rangées plus bas. Devant moi, le fauteuil resté libre est occupé à la dernière minute par un homme à longs cheveux noués, heureusement petit, mais qui, pendant la projection, ne cessera de le faire couiner, gigotant sans cesse comme s’il se masturbait.

    Jean-Marc de l’Omnia, qui a manifestement pris le pouvoir sur l’association organisatrice, se félicite de ce que le public soit de plus en plus nombreux (c’est pourtant comme hier à la même heure, il doit avoir des verres grossissants). Il nous dit ensuite la chance que l’on a de voir un film datant de deux mille et donc non numérisé. Effectivement, il y aura des rayures.

    Peppermint Candy est encore une histoire d’anciens jeunes qui se retrouvent vingt ans après. L’un d’eux à cette occasion se jette sous le train (une scène filmée de façon lourdingue). La suite est un besogneux retour en arrière, de trois ans en trois ans, afin d’expliquer pourquoi il en est arrivé là, une alternance de scènes de sauvagerie et de scènes de pleurnicherie qui nous montrent un homme dévasté par son séjour à l’armée puis dans la police au temps de la dictature, lui qui aimait tant les fleurs il y a vingt ans.

    N’étant pas de celles et ceux qui jouissent de la violence, je trouve ça sans intérêt et me tire de là dès la fin.

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    Grâce à Infornormandie.com, j’en sais un peu plus sur les graffitis apparus sur les murs et les palissades de la Cathédrale et de ses dépendances, ainsi que sur les vitrines de quelques commerçants, dont l’un dit : « Nous, âmes perdues, nous ferons de Rouen notre forêt ». Les auteurs en seraient une trentaine de pèlerins « déguisés en Halloween ». Une enquête est en cours.

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    Une nuisance bien plus importante est à venir dans cet endroit avec l’ouverture de l’Historial Jeanne d’Arc actuellement en chantier (d’où les palissades à graffitis). Clémence Farrell, qui a travaillé pour l’exposition Titanic à Cherbourg, a été choisie pour en assurer la scénographie. Son projet : « Un croisement entre Dreyer et Disneyland ».

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