• Prenant le car pour Bruxelles (allant voter aux Elections Européennes)

    La seule élection pour laquelle je n’envisage pas de m’abstenir, c’est l’européenne. Cela ne signifie pas que je suis content d’y voter. Pour ça, il faudrait que j’aie le choix entre des listes internationales et non pas entre des listes tricolores de régions découpées à la hache. Il faudrait aussi qu’il y ait une liste dont les idées me conviennent tout à fait, ce qui est loin d’être le cas.

    Comme je ne veux pas que ma voix aille se perdre sur une liste qui n’aura pas d’élu(e)s, autrement dit de monter dans un car pour Bruxelles qui n’irait pas plus loin que Valenciennes ou même Amiens, j’élimine d’office les listes qui feront moins de cinq pour cent et parmi celles qui restent retient la moins pire : Europe Ecologie.

    Et donc ce dimanche matin, quoique n’ayant pas envie de faire le trajet Rouen Bruxelles assis entre Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé avec dans le fond du car les autres dirigeant(e)s du Mouvement chantant en chœur des chansons vertes, c’est ce bulletin que je glisse dans l’urne, à huit heures et demie, au bureau de vote numéro quatre du lycée Camille-Saint-Saëns, où je suis le seul votant.

    En fin de matinée arrive celle venue de Paris pour voter. Je lui demande pour qui. Elle a choisi l’une des listes qui n’aura pas d’élu(e).

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    Pourtant presque renoncé à mon choix, vendredi dernier, lorsque j’ai entendu sur France Cul des extraits du vrai faux procès public de Daniel Cohn-Bendit organisé par ces rigolos d’Ecolos, dernier exemple du genre de pitreries dont ils sont coutumiers et qui me les rendent insupportables.

    *

    Dimanche soir, ce sont les résultats, catastrophiques comme il était prévu. Encore plus dans cette foutue région où je dois voter, incluant la Picardie et le Nord Pas-de-Calais. La liste de la fille Le Pen fait plus de trente-trois pour cent et elle rafle la moitié des sièges. Celle des Ecolos un peu plus de sept pour cent, une élue : Karima Delli.

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    D’Alain Bosquet, Pluie, lu par Philippe Meyer ce lundi matin dans sa chronique de France Culture :

    Il pleut sur

    Barcelone et l'Europe s'étrangle comme un kilo de fruits dans un sac trop serré.

    Il pleut sur

    Liverpool et l'Europe est pourrie comme un bateau rongé par un peuple de rats.

    Il pleut sur

    Magdebourg et l'Europe s'enferme comme le cancéreux pour se pendre au plafond.

    Il pleut sur

    Bucarest et l'Europe s'exile comme un ruisseau qui n'ira pas jusqu'à la mer.

    Il pleut sur

    Copenhague et les princes d'Europe ont enterré leur crâne avec leurs propres mains.

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