• Quatre dessins signés Jacques Perdrial, et des recueils de poésie invendus

    Avant de rentrer à Rouen, ce mercredi matin premier mai, je fais le détour du cimetière de Louviers et pose une branche fleurie sur la tombe de mon frère Jacques. On y sent la même odeur de chocolat, venue d’une usine proche, que le jour de son enterrement. Dix-huit ans qu’il est mort dans la nuit du deux au trois mai à La Rochelle, dix-huit ans que j’ai chez moi en piles certains des recueils de poésie qu’il avait publiés à ses frais chez L’Ecchymose à Caen. J’en ai donné mais il en reste pas mal.

    Il y a quelque temps constatant qu’un bouquiniste sans scrupules tentait d’en vendre via Internet un exemplaire au prix de quarante-neuf euros cinquante (une vingtaine de pages imprimées à la Gestetner), j’y ai mis mes exemplaires en vente à quatre-vingt-dix centimes (le prix minimum autorisé). Nul n’en achète.

    De mon frère Jacques, j’ai aussi hérité des reproductions au format carte postale de quatre de ses dessins. Il les avait fait imprimer en nombre lorsqu’il vivait à Paris à partir des dessins réalisés au stylo noir et à la règle, minutieux et obsessionnels. Je n’ai pas les originaux. L’une est sans titre, les autres ont pour nom Dividu, Manchot mensuel et Ce sont des gens qui sont là comme une première lettre dans l’écriture. Cela fait quatre piles sur une étagère mais elles diminuent régulièrement car j’en offre à chaque acheteur des livres de ma bibliothèque dont je me sépare.

    Il y en a maintenant aux six coins de l’hexagone. Certaines ont passé la frontière. Parfois, on m’en remercie.

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                Annonce n°347

                Vieille algue expérience

                eau douce et mer cherche

                emploi dans un poème.

                (Jacques Perdrial)

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