• Quelques tours de grande roue, un vin chaud avec le Père Noël et puis la découverte (bien accompagné) de l’autre moitié de l’exposition Tomi Ungerer

    Ce ouiquennede en est un bon puisque est avec moi celle venue de Paris pour un Noël avant l’heure. Samedi, la nuit déjà tombée, nous faisons le tour de Rouen en fête. Je l’amène par un chemin détourné au pied de la grande roue installée place du Vieux-Marché et malgré ses protestations de vertige achète deux tickets non remboursables.

    -Y en a qui refusent de monter au dernier moment, c’est pour ça que c’est pas remboursable, nous explique la caissière.

    Ce ne sera pas le cas de celle qui se cramponne à mon bras dans la nacelle un peu secouée par un vent qui annonce (dit-on) une bonne tempête pour lundi soir. La vue est magnifique sur les toits enchevêtrés des maisons anciennes, sur celui de la moderne église Jeanne-d’Arc et, droit devant, sur la façade de la Cathédrale jamais considérée d’une telle hauteur. En nous retournant, on peut apercevoir au loin le pont Flaubert.

    Pour rentrer, nous prenons un chemin écarté qui nous fait passer place du Lieutenant-Aubert. Devant le magasin Parallèle Music règne une attirante animation. Un couple danse le tango au son d’une musique argentine sous les yeux du vrai Père Noël (reconnaissable à sa vraie barbe). Celui-ci est accompagné d’assistantes court-vêtues. Un homme agitant une clochette nous invite à goûter au vin chaud et gratuit. Si l’esprit de Noël existe, c’est là qu’on le trouve. Une demoiselle de rouge vêtue nous sert un verre. C’est du bon, bien parfumé. Celle qui m’accompagne fait une photo des deux filles de Noël assises sur le muret, montrant leurs jolies jambes aux passants à pied et en voiture. Elle arrive à saisir le regard concupiscent d’un conducteur sur cette chair fraîche.

    -Bon, on va pas passer la nuit ici, déclare soudain le Père Noël qui reprend son chemin précédé par ses jolies assistantes.

    C’est le temps pour nous d’un Noël privé, bon repas et échange de cadeaux.

    Au matin du dimanche, nous faisons le tour du marché, buvons une boisson chaude au café Le Clos Saint-Marc puis je lui propose d’aller voir l’exposition Tomi Ungerer à l’Hôtel de Région de la Haute-Normandie.

    Un aimable gardien nous accueille à qui je demande une feuille blanche pour prendre des notes et cette fois la salle consacrée aux dessins pour les enfants est ouverte. Nous y passons un bon moment, elle qui retrouve les livres de son enfance et moi qui retrouve les mêmes que j’ai lus tant de fois à des enfants petits. On y voit aussi beaucoup de dessins humoristiques non spécialement destinés aux moutard(e)s. Que d’idées dans la tête de Tomi, nous disons-nous. Etrangement, c’est aussi dans cette salle que sont montrés les violents dessins contre la guerre du Viêt-Nam. Nous allons ensuite dans la salle réservée aux dessins que la morale actuelle déconseille de montrer aux enfants. Aucun doute, visiter cette exposition à deux est bien plus excitant que d’y être seul.

    *

    Trois sentences de Tomi, notées pendant la visite :

    « L’humanité est une famille insupportable. »

    « Je n’ai pas de langue natale sauf celle qui me sert à lécher les plats. »

    « J’ai de la fuite dans les idées. »

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