• Rayahzone d’Ali et Hèdi Thabet à l’Opéra de Rouen

    Pas eu moyen d’avoir une meilleure place que Bé Cinq en orchestre, ce mardi soir pour Rayahzone d’Ali et Hèdi Thabet, pièce venue de Belgique pour trois danseurs et cinq musiciens soufis, autant dire que je me sens au creux de la vague, condamné à être gêné par les têtes de devant. Je lis le livret programme où il est question de spirituel et de divin. Pas de quoi m’emballer mais au moins, me dis-je, il y aura la musique soufi qui me rappellera certains bons moments du défunt festival Ramdam au Hangar Vingt-Trois du temps où Ahmed Merghoub en était Directeur (innocenté des accusations de harcèlement moral qui pesaient sur lui, il a désormais fonction de Conseiller à l’Opéra de Rouen).

    A l’approche de la fermeture des portes, contrairement à ce qui m’avait été dit, de nombreuses places sont encore libres mais trop tard pour bouger sans gêner un tas de monde, j’y renonce et suis bientôt pris par ce que j’entends et vois, oubliant l’arrière-plan religieux au profit de la musique et des évolutions des trois danseurs, Lionel About et les frères Thabet.

    L’un de ces derniers a une particularité qui nécessite un accessoire l’aidant à tenir debout. Il prouve plus tard qu’il peut parfois s’en passer. Les cinq chanteurs et tambourineurs sont de premier ordre et m’enchantent. Cette prestation évite bien des pièges dont celui des bons sentiments. J’en apprécie particulièrement l’humour et la violence chaleureuse. Cela se passe dans un décor de chantier d’une construction qui ne sera jamais terminée.

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    Ils ne manquent pas d’air ces intégristes catholiques qui veulent interdire certains livres pour enfants dans les écoles et les bibliothèques alors qu’eux-mêmes bourrent en permanence le crâne de leur progéniture avec leur croyance. Pauvres moutard(e)s qui n’auront plus tard d’autres idées que celles de leurs parents, idées relayées par les enseignant(e)s des écoles religieuses.

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    L’une de ces professeur(e)s d’école privée est au bout de ma ruelle avec sa classe ce mardi matin :

    -Dieu n’est pas seulement dans la Cathédrale que vous voyez là, il est aussi avec nous, savez-vous pourquoi ? Parce qu’il y a ici un élève qui s’appelle Théo, et Théo en grec ça veut dire Dieu.

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    Ce qui me fait songer à ce couple d’instits de Val-de-Reuil ayant appelé ainsi leur fils parce qu’alors étaient à la mode les prénoms courts en o, du genre Léo ou Enzo, bien embêtés le jour où ils en avaient découvert l’étymologie, qu’ils ignoraient malgré cinq années d’études universitaires.

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