• Sunny de Lee Jun-Ik et Les Soldats de l’espoir de Kang Je-Gyu à l’Agora du Cinéma Coréen

    Ce dimanche en début d’après-midi, la caissière m’envoie comme d’habitude dans la minuscule salle six où étant le premier je peux m’installer à la seule place qui me convienne. Quelques minutes plus tard elle vient me dire qu’elle s’est trompée, c’est dans la salle trois. Celle-ci est vaste comme une vraie salle de cinéma, bien que l’écran soit petit. J’y trouve place au milieu du dernier rang. Nous sommes une vingtaine, dispersé(e)s, quand arrive Jean-Marc de l’Omnia muni d’un micro. Il nous dit que le film que l’on va voir aurait mérité d’être distribué en France. Aucun(e) des étudiant(e)s coréanisant(e)s n’est présent(e), pas davantage leur professeure.

     Sunny de Lee Jun-Ik raconte l’histoire d’une jeune femme qui pour retrouver son mari qu’elle n’aime pas, envoyé combattre au Viêt-Nam suite à une bagarre de caserne, se joint à une troupe de musiciens davantage doués pour l’escroquerie dont elle devient la chanteuse chargée d’émoustiller les troupes coréennes puis américaines. Quand elle finit par le retrouver après des épisodes aussi abracadabrantesques les uns que les autres, c’est pour une interminable scène de pleurnicherie sur fond de sauvages combats. Je n’attendais pas grand-chose de ce film et il est donc conforme à mon attente.

    Je retourne à l’Omnia pour la projection de dix-neuf heures (il faut bien rentabiliser mon laissez-passer), encore un film de guerre. Quelques étudiant(e)s en coréen sont là mais c’est pour voir le film. Nous sommes une trentaine dans la salle trois. Un étudiant parlant coréen annonce que le réalisateur et l’auteur de la musique seront là à l’issue. Miss Beaumont est toujours invisible et une Agora sans elle c’est comme un kimchi sans épices.

    Les Soldats de l’espoir de Kang Je-Gyu raconte l’histoire d’un marathonien coréen enrôlé malgré lui dans l’armée japonaise où il se retrouve sous les ordres d’un marathonien japonais qui le hait. Les deux sont capturés par les Soviétiques, se battent contres les Nazis, sont prisonniers des Nazis, se battent contre les Américains lors du Débarquement de Normandie. Les gradés japonais et soviétiques apparaissent comme des soudards violents et pervers, les nazis eux ont l’air sympathique, permettant à leurs enrôlés de jouer au foute. Pendant toute la durée du film, ce ne sont qu’abominables batailles avec explosions et mitraillages desquelles nos deux héros se sortent toujours, alors qu’autour d’eux les autres meurent.

    A la fin le Coréen meurt quand même. Après la guerre, le Japonais inconsolable court les marathons sous l’identité de son concurrent. C’est que la guerre en avait fait des amis. Tout cela n’a aucun intérêt pour moi.

    Jean-Marc de l’Omnia arrive, suivi des deux invités et d’un troisième homme présenté comme un psychologue. Que fait-il là, c’est un mystère. Il nous raconte le film (qu’il faudrait être vraiment idiot pour ne pas avoir compris) puis Kang Je-Gyu répond aux questions. Il dit qu’il a fait ce film pour montrer que la guerre, c’est mal. Ah bon ! Et que faire un film de guerre c’est ennuyeux parce qu’il n’y a pas de femmes (Il y en a une, chinoise violée et torturée, bientôt morte, s’étant sacrifiée pour le Coréen). Quelques questions sont aussi posées au musicien puis le psychologue sorti d’on ne sait où conclut avec sa petite leçon de morale : « Le plus difficile, c’est d’accepter l’autre dans sa différence ».

    Kyu-Young Beaumont, au secours, reviens !

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    Cette huitième édition de l’Agora du Cinéma Coréen continuera sans moi, quatre films vus, un réjouissant trois déplaisants. S’ajoute à ma déception concernant les films, la quasi absence de l’organisation étudiante qui autrefois gérait tout le festival en un joyeux foutoir, raison pour laquelle j’aimais à le fréquenter.

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    Nouvelles références de la scénographe du futur Historial Jeanne d’Arc dans Liberté Dimanche : « ...entre Dreyer et Harry Potter », me signale l’une de mes connaissances suffisamment intrépide pour lire ce journal.

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