• Synchronicity de Carolyn Carlson à l’Opéra de Rouen

    Perché sur le côté de la partie supérieure du premier balcon ce mardi, je surveille l’arrivée du public avec l’espoir de migrer vers une meilleure place restée libre, mais c’est en vain, ce soir à l’Opéra c’est complet pour Carolyn Carlson qui présente Synchronicity.

    Le rideau se lève sur une quasi-obscurité dans laquelle se meuvent des ombres. L’éclairage dévoile en fond de plateau un mur américain où s’ouvrent une porte et un écran. Les cinq danseuses à longs cheveux et les quatre danseurs du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-Pas de Calais se succèdent en nombre variable sur la scène. L’écran montre les mêmes ou d’autres au ralenti en noir et blanc. Carolyn Carlson est allée chercher son inspiration chez Jung. Il s’agit d’entrer dans le rêve ou dans l’inconscient. Je n’y arrive guère. Peut-être parce que je vois cela de loin et de haut. Les tableaux s’appuient sur des morceaux musicaux qui m’emmènent ailleurs, porté que je suis par les voix de Tom Waits, Laurie Anderson, Leonard Cohen, Bruce Springsteen et autres. J’écoute évoquer Chicago ou le Chelsea Hotel bien plus que je ne regarde ce qu’il y a à voir, intéressé quand même parfois, mais décrochant à la fin lors de la longue scène de cène. Pendant les saluts la chorégraphe se joint à ses interprètes. Les applaudissements résonnent encore que je suis déjà dans l’escalier. Plus question de couper par la diagonale le parvis de la Cathédrale pour rentrer chez moi, la faute au Marché de Noël en cours d’installation.

    *

    Peut-être un jour un historien de la danse se penchera sur le rôle de la chaise comme accessoire. Que deviendraient certain(e)s chorégraphes sans elle ?

    *

    Heureux habitants friqués de l’Espace Monet-Cathédrale : après avoir bénéficié pendant quatre mois de la musique forte du Son et Lumière de l’été, ils vont jouir pendant plus d’un mois cet hiver de la musique niaise du Marché de Noël.

    Partager via Gmail Yahoo!