• Toujours contre la pénalisation des clients de la prostitution

    Depuis qu’une brochette de ringards revendique par pétition le droit d’ « aller aux putes » comme de bons gros salauds qu’ils sont (c’est eux qui le disent), plus moyen de dire qu’on est contre la pénalisation des clients sans être assimilé à eux. C’est foutrement énervant, mais ça ne m’empêchera pas de dire ce que je pense en quelques paragraphes.

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    L’alibi trouvé pour pénaliser les clients de la prostitution, ce sont les filles venues de l’Est ou d’Afrique qui font ça contre leur gré, étant entre les mains de proxénètes. Elles sont dans la même situation que ces autres Africains esclaves qui faisaient autrefois la récolte du coton. Pour les libérer, la solution n’est pas d’interdire la récolte du coton, mais que la Police agisse enfin contre leurs bourreaux.

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     « Tu dis que c’est une activité comme une autre quand elle est pratiquée librement mais est-ce que tu aimerais que ce soit celle de ta fille ? », celles et ceux qui posent cette question ne voudraient pas davantage que leur fille fasse tout un tas de professions qu’ils jugent dévalorisantes, mais bizarrement ne proposent pas d’interdire ces professions ou au moins d’en pénaliser les clients.

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    “Real men don’t buy girls” proclame une brochette d’acteurs américains dans une série de photos qui date d’un certain temps mais est présentée sur Effe Bé comme une réponse aux dix-neuf simplets de Causeur. Des vrais hommes, c’est sûr, ces donneurs de leçon, pour la plupart avec des filles qui ne seraient pas avec eux s’ils n’étaient célèbres et riches, des filles vendues en quelque sorte. (Incidemment, dans la prostitution, il s’agit d’acheter un service sexuel, pas une fille).

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    Résumons : d’un côté des femmes forcément vertueuses rejointes par des hommes parfaits veulent prohiber la prostitution ou du moins en interdire l’usage, de l’autre des hommes forcément vicieux rejoints par des femmes dépravées veulent la maintenir. La réalité restera pourtant celle-ci : n’importe quelle femme fut-elle laide ou vieille trouvera toujours un homme pour baiser ; l’inverse n’est pas vrai, d’où le recours obligatoire pour certains à l’amour payant, à moins de passer sa vie à se branler.

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    Avoir ce genre d’idées ne conduit pas encore à être cloué au pilori, mais déjà à se faire insulter par qui a des idées bien propres, oui, bien adaptées au monde aseptisé qui se met en place année après année. C’est le moment de citer à nouveau Henry Miller qui dans Jours tranquille à Clichy se plaignait du puritanisme américain en ces termes : Il vaut mieux une bonne maladie vénérienne que cette paix et cette tranquillité moribonde. Maintenant, je sais ce qui fait le monde civilisé : c’est le vice, la maladie, l’escroquerie, la mendicité, la lascivité. Merde, les Français sont un grand peuple même s’ils ont la vérole.

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    « Superbe ticheurte » dis-je à ma boulangère à qui j’achète une Petite Marie bien chaude. Sur le tissu blanc, une bouche rouge entre les lèvres de laquelle sont serrées quatre lettres de Scrabeule : « FUCK »

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