• Un dimanche à faire le Bordelais sur le quai

    La patronne me l’avait bien dit, pas de petit-déjeuner à l’hôtel en ce jour dominical, plus qu’à partir à la recherche d’une boulangerie et d’un café ouverts. Mazette, ce n’est pas une mince affaire. Les boulangeries semblent ne pas exister et les cafés sont fermés. Après une longue marche, je trouve enfin, près du quartier Saint-Michel, sorte de petit Belsunce local.

    L’avantage, c’est que je suis à côté du Grand Déballage, un marché aux puces dont les vendeuses et vendeurs se réjouissent du beau temps assuré. On y trouve des bouquinistes à bonne marchandise chère mais aussi une sympathique vendeuse de livres et de vêtements. Les uns et les autres sont à un euro. Ce sont quelques livres que j’achète.

    Après un café en terrasse sur les quais Chez Yuri où l’on parle arménien, je pars à la recherche d’un lieu pour me restaurer. Le Guide du Routard ne m’est d’aucune utilité. On n’y trouve quasiment que des restaurants fermés le dimanche ou bien ouverts du lundi au samedi. J’erre à nouveau entre la place de la Bourse et celle du Parlement et, rue du Puits Descujols, découvre une crêperie à volonté nommée L’Atelier. Le décor et le mobilier en sont branchés, comme disaient certains autrefois, et ce n’est pas la vieille Maryvonne qui fera les crêpes mais un jeune homme à l’allure de cleubeur. La serveuse tente de me faire renoncer à mon choix, vous savez les galettes sont copieuses et parfois on n’a plus faim après la première, ce n’est pas forcément une bonne affaire. Je tiens bon et lui prouve qu’outre la salée du chef, je peux aussi manger trois sucrées (caramel beurre salé, Tatin, calvados). Avec le pichet de cidre, cela fait moins de vingt euros. L’écoute de la radio Chérie, programme jazzy du dimanche, est offerte et ce n’est que lorsque je sors qu’arrivent les familles.

    Après m’être allégé à l’hôtel dont la chambre n’est pas faite (c’est dimanche), je vais faire ce que fait le Bordelais quand il ne travaille pas : marcher sans but sur le bord de la Garonne puis se poser sur le muret pour regarder les milliers d'autres marcher sans but le long de la Garonne. Au bout d’un moment, on peut trouver ça assez stupide et n’être plus aussi sûr de voter Juppé aux municipales.

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    Pas encore trouvé un café où me sentir bien pour lire, tant de trucs à tapas, il est vrai que c’est le sud, Bordeaux.

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    A l’Office de Tourisme, me renseignant sur où je pourrais aller autour de Bordeaux. « Surtout pas la mer, me dit la jolie stagiaire, toutes les plages sont interdites à la suite des tempêtes, il n’y a rien à faire là-bas. »

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    Une fille dans la rue, parlant à une autre fille : « J’avais les boules majuscules. »

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    Trois jours que je suis là et c’est seulement ce dimanche soir que je croise deux policiers à vélo, pas vu une seule voiture de police, ni de policiers à pied. Combien c’est différent à Rouen, où la Police est partout et tout le temps.

    Pas de vigiles non plus aux entrées de la grosse fête foraine de la place des Quinconces dénommée la Foire aux Plaisirs.

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