• Un feu d’artifice que pour les oreilles

                Un Quatorze Juillet à Rouen, seul, j’innove. Les autres années, c’était soit ici bien accompagné, soit ailleurs en duo ou en solitaire.

                Je n’ai pas envie de faire seul ce que j’aurais fait avec plaisir en sa compagnie : aller voir sur les quais de Rouen le feu d’artifice de circonstance.

           C’est donc réveillé par les explosions que j’y assiste avec les oreilles. Le son, renvoyé par l’immeuble d’en face, est impressionnant. Après ce bombardement sans risque, j’essaie de me rendormir, me demandant ce qu’il en sera de celui de l’an prochain, n’ayant pas envie de revivre ça.

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    En terrasse au Son du Cor, entre deux averses, je considère à la table d’à côté les amis de la famille de l’enfant pas tout à fait normal. Ils prennent tellement soin de ne s’étonner de rien qu’ils rendent le problème encore plus visible.

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    Propos de rue : « J’ai un peute, avant chaque soirée il joue à un jeu sur son téléphone. S’il gagne, il se saoule. S’il perd, il se défonce. »

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    Ma tête était froissée comme une écaille, j’avais quatorze ans, un ventre en feu, du tonnerre dans les yeux, les mains d’une religieuse et j’étais presque une vierge encore, une enfant. Et voici qu’attachée à un homme par mon centre, par mes parties honteuses et par son sexe ignominieusement parfait de vieillard, j’aimais. (Agnès Duits, sous le pseudonyme de Léone Guerre, Les dix Japonais, publié par Eric Losfeld en mil neuf cent soixante-dix, réédité par Joëlle Losfeld, fille du précédent, en mil neuf cent quatre-vingt-dix-neuf)

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