• Un mardi à Paris avant de faire ma valise pour Bordeaux

    Mon passage à Paris avancé d’un jour en raison d’un départ prochain pour la bonne ville de Bordeaux, c’est dans le train de six heures cinquante-sept que je m’assois ce mardi. Au moment du départ, la liste des mises en garde que le contrôleur offre aux grands enfants qui voyagent sous sa responsabilité s’allonge d’un inédit « Nous vous invitons à vous assurer de la présence d’un quai lors de la descente. »

    Tout va bien, les voleurs de quai n’ont pas sévi durant la nuit à Saint-Lazare. Je m’assure de la présence d’un escalier mécanique et d’un coup de métro me retrouve à proximité du Book-Off de la Bastille. En attendant l’ouverture, je lis Le Parisien au Café du Faubourg et profite de la conversation téléphonique la plus proche :

    -Non mais qu’est-ce que j’ai à voir avec ses gosses, elle nous a même pas invités à la communion.

    Je fais bonne pioche chez Book-Off. Pour un euro, L’Empire du Bien de Philippe Muray dans sa première édition aux Belles Lettres, collection Iconoclastes, devient mien. A pied, je rejoins Châtelet saluant au passage Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais fièrement statufié et couronné d’un pigeon dont je lis depuis quelques soirs la correspondance avec Amélie Houret de La Morinaie, jeune femme s’étant offerte à lui en échange d’une pension alimentaire pour sa vieille mère.

    Rue de la Verrerie, je déjeune japonais à volonté dans un établissement récent dont j’oublie le nom. L’amabilité des serveuses y est supérieure à la qualité des sushis. De là, je vais fureter chez Mona Lisait et y achète pour moins du quart de son prix d’origine Je suis malade (Curieux carnets d’un séjour à l’Hôtel-Dieu en 1903-1905), ouvrage proposant les dessins et le journal d’Alfred Le Petit, « prescrit par Guillaume Doizy et Jean-François Le Petit » (petit-fils du susdit), publié aux Editions Alternatives en deux mille sept.

    Je le feuillette en fin d’après-midi Chez Léon, en attendant qu’arrive celle avec qui j’ai le plaisir d’avoir rendez-vous pour la troisième fois en huit jours, et découvre que cet Alfred est né à Aumale (Seine-Inférieure) et que l’Hôtel-Dieu où il séjourna longuement est celui de Rouen.

    Pendant une heure, nous parlons de notre avenir immédiat. Elle va retravailler à Paris. Je vais faire l’oisif à Bordeaux.

    *

    J’ai eu tort de ne pas croire au succès d’Autolib’. Ça roule. Les deux caractéristiques de ces petites voitures grises électriques de location : ce sont les plus sales de Paris et elles sont immatriculées dans le Finistère (c’est moins cher).

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