• Un mercredi à Paris avec amical déjeuner au Café Caché du Centquatre

    Parce qu’il n’a pas piscine ce mercredi, l’ami Dumez me propose que nous déjeunions ensemble et bien sûr j’accepte. Les circonstances le permettant, il invite son amoureuse à se joindre à nous et je fais de même avec celle qui n’est officiellement plus la mienne mais me tient toujours la main. « Quel suspens ! Serons-nous deux, trois, quatre ? » m’écrit-il la veille au soir. Je sais que nous serons au moins trois.

    Le rendez-vous est fixé à treize heures devant la librairie Le Merle Moqueur, au Centquatre où j’arrive forcément en avance après être passé par le Book-Off de l’Opéra. La première tête connue que j’y croise n’est pas l’une de celles attendues. C’est celle d’une alerte octogénaire rouennaise à canne, écumeuse (dirait Philippe Dumez) de lieux culturels. Elle me rappelle que l’on s’est déjà croisés dans la capitale il y a deux ans à la Maison Européenne de la Photographie et me dit aimer beaucoup le Centquatre à cause de la jeunesse qui s’y dépense. Pour l’instant, c’est assez calme.

    A l’heure dite me saute au cou par derrière celle venue à pied de son nouveau domicile. Elle a juste le temps de me raconter que demandant le chemin du Centquatre à une dame, celle-ci lui a répondu : « Le Cent Quatre, je ne sais pas mais ici nous sommes au Soixante-Douze » qu’arrive l’invitant. Il va chercher la quatrième à l’intérieur de la librairie. Présentations et choix de l’endroit où déjeuner, c’est le Café Caché, un endroit chaleureux. Une table est dressée pour nous. Nous optons pour la formule trois petits plats salés, l’agrémentons d’un cruchon de vin rouge (pour les trois qui aiment ça) et devisons un long moment dans un environnement un peu bruyant.

    Le Centquatre est fort animé quand nous sortons du Café Caché. Circassiens en répétition, danseurs en démonstration, enfants en évolution, artistes en installation, se partagent l’espace de liberté. Après l’au revoir, celle dont je ne connais pas encore le nouveau logement reste avec moi et m’invite à aller le voir. Le ciel est couvert mais comme l’a prévu Le Parisien du jour « la pluie se retient ». Nous passons par l’Emmaüs du lieu puis par celui de la rue Riquet sans acheter un seul livre, admirons l’architecture audacieuse de certains immeubles de ce dix-neuvième arrondissement, assistons au serrage de quelques jeunes dans un jardin bouclé par la Police à Jaurès, apercevons pas loin les Buttes-Chaumont et arrivons dans sa courte avenue en impasse.

    Comme celui qui lui sous-loue une chambre est absent, nous pouvons passer un moment tranquille dans son nouvel univers dont il y aurait beaucoup à dire.

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    Dans le train bondé qui me mène à Paris, une dame debout lit Le Courrier de Mantes. Parmi les titres : « La première édition de la course ROC Paris n’aura pas lieu ». Cela n’augure rien de bon pour la deuxième.

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    Dans le métro Cinq, une femme et ses enfants porteurs de ballons rouges du syndicat Effo « Créateur de progrès social ». Du temps que c’était vrai, il n’était pas besoin d’en faire un slogan.

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    Parmi les livres rapportés de Paris : L'Etrange beauté du monde, récit écrit et dessiné par Frédéric Pajak et Léa Lund (Editions Noir sur Blanc) et Le Journal de Ruth Maier, une adolescente face à la terreur nazie (Editions K & B).

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