• Un petit tour dans les galeries parisiennes : Karsten Greve, Yvon Lambert, Xippas et Daniel Templon

    Parti ce mercredi à six heures cinquante-neuf de Rouen dans l’un de ces trains à sièges colorés qui semblent toujours avoir envie de dérailler, j’arrive indemne et à l’heure dans la capitale, ce qui me laisse le temps, en attendant l’ouverture du Book-Off de la Bastille, de lire Le Parisien au bar du Faubourg. J’y apprends que presque toutes les cabines téléphoniques de Paris vont être enlevées (n’en restera que quarante) au prétexte officiel qu’elles ne servent plus et officieux qu’elles servent d’abri à ceux qui n’en ont pas. A dix heures, j’entre à côté où je ne trouve guère de quoi me satisfaire dans le stock à un euro. J’en ressors néanmoins avec le numéro d’Europe consacré à Robert Walser. Il fait beau, nous sommes entre deux jours de pluie, et j’en profite pour pérégriner dans le quartier.

    Boulevard Beaumarchais, je repère un modeste bar restaurant nommé La Petite Chaise. J’y déjeune pour dix euros d’un œuf dur mayonnaise, de côtes d’agneau aux haricots verts et d’une très mauvaise tarte aux pommes, en compagnie d’un habitué, de deux hardies touristes anglo-saxonnes et des sornettes débitées par une chaîne d’information continue. Revenu au soleil, je prends à droite la rue du Pont-aux-Choux qui me mène dans un autre monde : celui des galeries d’art contemporain du Marais.

    Je les enfile : d’abord Karsten Greve où l’on montre des travaux sur papier de Cy Twombly qui me laissent froid, puis Yvon Lambert où il n’est pas question de voir la vidéo de David Claerbout avant que le visionnage précédent ne soit terminé (six minutes d’attente, c’est trop pour moi) et enfin Xippas où les photographies de Vera Lutter prises selon le procédé de la camera obscura depuis la Clock Tower de Brooklyn ne m’intéressent que dans la mesure où elles me ramènent à New York (ces trois galeries étant équipées de jolies jeunes femmes minces, aimables chez Karsten Greve, dédaigneuses chez Lambert et Xippas).

    Je rejoins Beaubourg et entre chez Daniel Templon, accueilli par un homme jeune ni sociable ni hautain. Là, je trouve un peu plus à mon goût, bien que cela ne me renverse pas, les toiles et la sculpture de Yue Minjun, jeune artiste chinois adepte du réalisme cynique, dont le personnage récurent représenté par sa tête rose à sourire démesuré est ici en compagnie de têtes de mort (on comprend le message).

    Il est temps d’aller voir ce qui se passe dans les librairies du Quartier Latin, puis au Book-Off de l’Opéra, puis Chez Léon, avant de rentrer comme d’habitude.

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    Je ne dis jamais que c’était mieux avant mais je ne me prive pas de dire que ce sera pire plus tard.

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    Marre de qui, quand il a côtoyé quelqu’un de connu, raconte l’air enamouré que c’est « une belle personne ».

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    L’ami d’Orléans à propos d’un enseignant de sa fille : « Il te ressemble un peu : il a le cheveu traînant, le teint mat et ne sourit qu’à ceux qui le méritent. » C’est bien vu.

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