• Un Requiem allemand de Johannes Brahms à l’Opéra de Rouen

    Initialement prévu en la Cathédrale de Rouen, c’est à l’Opéra qu’est donné ce vendredi soir Un Requiem allemand de Johannes Brahms. En effet, le staff s’est tardivement rendu compte que l’environnement sonore de l’édifice gothique était particulièrement bruyant en cette période d’Armada. Ce changement de lieu n’est pas pour me déplaire, on ne voit rien dans les églises si l’on n’est pas au premier rang et on y est très mal assis. Conséquence de cette impréparation, les places ne sont pas numérotées.

    Lorsque j’arrive à dix-neuf heures dix, beaucoup m’ont précédé et stationnent devant les trois portes dans l’espoir de choper le meilleur fauteuil (parmi ces fébriles des abonné(e)s de première catégorie à fauteuil attitré qui craignent de ne pas pouvoir poser leurs fesses là où elles ont leurs habitudes). La nervosité se ressent également chez les ouvreuses et ouvreurs. Ne sera-ce pas la bousculade comme le jour du bradage des stocks au Magasin de la Vierge ?

    Personne n’est culbuté lorsque s’ouvrent les portes. Des ouvreurs défendent vaillamment les deux demi rangées réservées aux élus, aux membres du staff et à leurs invités. Je trouve place au bout du dernier rang de corbeille, côté impair. Trois rangées devant moi, c’est la tête de Robert, Maire. Un ouvreuse ressort de la salle en se plaignant : « Ils m’ont marché sur le pied ». Au moins trois abonné(e)s de première catégorie ont réussi à s’asseoir dans leur fauteuil habituel.

    Lorsque la pagaille se résorbe, les livrets programmes sont distribués. Pendant qu’arrivent les moins rapides qui, dépités de ne trouver place en bas, doivent monter au balcon, je consulte le mien. Ça commence par une citation de Matthieu, apôtre : « Bienheureux ceux qui souffrent, car ils seront consolés », le genre de foutaise qui a le don de m’énerver. Une jeune femme à micro annonce que le concert commencera avec dix minutes de retard afin de permettre aux non prévenus de faire le chemin Cathédrale Théâtre des Arts.

    Un Requiem allemand de Johannes Brahms est interprété par l’Orchestre de l’Opéra de Rouen, le chœur accentus et les solistes Eduarda Melo (soprano) et Marc Barrard (baryton) sous la direction d’un Luciano Acocella inspiré et sans partition. J’aime ce Brahms.

    Premier sorti, je tiens la porte à mon suivant qui n’est autre que Robert, Maire, pressé de récupérer son vestiaire. Dehors, la ville bruisse des flonflons de l’Armada.

    *

                Pour de mystérieuses raisons, la soirée Chef Oui Chef (rugby, mangeaille et Vivaldi) prévue initialement le samedi huit juin a été reportée au vendredi quinze novembre. L’Opéra est décidément un peu bordélique en cette fin de saison.

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