• Vernissage de l’exposition Jeux d’enfant d’Essica à l’Hôtel de l’Europe

    Par Grand Rouen j’apprends ce jeudi l’existence d’une artiste nommée Essica dessinant à l’encre de Chine des fillettes torturées, de quoi me donner envie d’aller y voir de plus près. Ce pourquoi, vendredi à dix-huit heures, je pousse la porte de l’Hôtel de l’Europe, rue aux Ours, où elle expose sous le titre Jeux d’enfant.

    Avec l’aide d’un jeune homme, Essica termine l’accrochage de neuf dessins au mur du bar, petites filles ligotées ou hurlantes en noir et blanc, tracées rageusement, parfois une tache rouge, sanglante, l’une des fillettes traînant un nounours à la tête tranchée. Ces petites filles n’en font d’ailleurs qu’une. Nous faisons connaissance.

    Elle m’emmène dans les étages jusqu’à la chambre Comic Strip au décor paisible de bandes dessinées des années cinquante. Des reproductions de ses dessins y sont visibles, montées dans des caissons rétro éclairés. Ils font office de veilleuses pour cette chambre dont les occupant(e)s pourront faire de beaux rêves.

    Essica est une jeune femme sereine, ancienne élève havraise de l’École Supérieure d’Art et de Design Le Havre/Rouen (Esadhar). Elle fait aussi des vidéos dans lesquelles elle se met en scène de façon dérangeante. On ne peut les voir que sur son site. Je lui dis que ce serait bien de les montrer dans l’un des lieux où l’on expose l’art contemporain à Rouen mais elle n’y est pas prête.

    D’autres arrivent dans la chambre Comic Strip. Je redescends et discute un moment avec le propriétaire de l’établissement en buvant un verre de bon vin blanc.

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    Qu’une diplômée de l’École Supérieure d’Art et de Design Le Havre/Rouen soit capable de produire des œuvres personnelles, c’est quasiment une surprise. Il est vrai qu’elle est havraise.

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    Rouen, jeudi matin, deux brocanteurs sur le marché du cours Clemenceau. Leur cerveau est comme leur marchandise, d’occasion.

    L’un ayant boutique en ville, à propos de l’attentat de Boston :

    -C’est encore un coup de la Céhiha. C’est comme pour les tours, ça se voyait depuis le début.

    L’autre, vendant sur place :

    -Ce que personne sait pour les tours, c’est qu’y zont enlevé des tonnes d’or avant qu’elles s’écroulent.

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    Rouen, vendredi matin, rue de Le Nostre, deux types en costume noir ressemblant à des policiers en civil courent comme des dératés.

    L’un au téléphone :

    -On est dans la rue, on arrive, on arrive.

    Au bout est le siège de la Crea. Un homme en sort en qui je crois reconnaître Fabius. Il monte dans la voiture immatriculée soixante-quinze où ont pris place les deux affolés. Elle démarre à toute vitesse, suivie d’un fourgon noir dans lequel se tiennent d’autres hommes.

    Rentré chez moi, j’apprends via France Culture que des otages viennent d’être libérés et que Fabius est en route pour le Cameroun.

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    David Douillet qui vient faire l’éléphant dans le magasin de faïence rouennaise. Il envisage de se présenter pour la droite à la municipale. « Rouen mérite sûrement mieux… », déclare Catherine Morin-Desailly, marrie (elle se voyait déjà en haut de l’affiche).

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