• Vernissage des expositions Le Temps des Collections (Olivia Putman) et Les Trésors de l’Ombre au Musée des Beaux-Arts de Rouen

    Davantage de monde à chaque vernissage sous la verrière du Musée des Beaux-Arts de Rouen, en plus ce jeudi soir il y fait froid pour celui de deux expositions d’un coup : Le Temps des Collections et Les Trésors de l’Ombre, je songe un moment à me tirer de là mais la curiosité l’emporte et allons-y pour les discours.

    Emmanuelle Jeandet-Mengual, adjointe au Maire chargée des Finances et de la Culture, commence. Elle annonce qu’elle va essayer de faire court, que Robert, Maire, va arriver puis entame une litanie de remerciements. On ne saura donc pas si elle en a, de la Culture.

    Sylvain Amic, Directeur des Musées, en a, mais il préfère lui aussi remercier et encore remercier, au premier rang ses pompes à phynance : Monsieur du Crédit Agricole et Monsieur de la Matmut. S’agissant des expos, il dit qu’il a fait le pari de l’intelligence. C’est un modeste.

    Diederik Bakhuÿs, Commissaire de l’exposition Les Trésors de l’Ombre, vante les chefs-d’œuvre du dessin français du dix-huitième siècle tirés des collections de la ville de Rouen qu’on ne pourra voir que dans la pénombre.

    Olivia Putman, chargée de la scénographie des six mini expositions constituant la deuxième édition du Temps des Collections (dont l’une en hommage à sa mère Andrée Putman qui fut chargée de dépoussiérer ce Musée autrefois), indique qu’elle a travaillé en noir et blanc dans un esprit ludique et que ça devrait plaire aux enfants.

    Monsieur du Crédit Agricole parle de sa généreuse entreprise.

    Monsieur de la Matmut file la métaphore avec sa fusée du mécénat à cinq étages, tutoyant le Directeur des Musées, l’appelant Sylvain et avouant son fantasme : qu’un jour Sylvain vienne le voir lui, Jean-Michel, pour lui demander d’être le Commissaire de la prochaine exposition. Incidemment, on apprend que la Matmut va se mêler de littérature en créant un prix sous les auspices de Philippe Labro (ne s’en vantera pas trop fort qui l’aura).

    Robert, Maire, arrivé entre-temps, annonce qu’une rue Andrée-Putman est pour bientôt dans un quartier périphérique.

    Monsieur de l’Etat, le dernier dans la hiérarchie, ne dit pas grand-chose.

    Il est enfin permis d’aller voir de quoi il retourne mais avec une telle foule je remets ma visite à une autre fois et m’approche de l’une des tables où j’arrive à saisir une coupe de champagne et à choper quelques petits fours, observant tous ces gens qui s’intéressent à l’art, parmi lesquels je repère le sale type qui lors de l’affaire Leonarda se plaignait au marché du Clos Saint-Marc d’avoir à lui payer l’avion du retour.

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    Etre tutoyé par les puissances politiques et financières locales et condamné à enchaîner les expositions patrimoniales, tel est le sort de Sylvain Amic.

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    Première trace d’une prochaine élection municipale : un journal nommé Rouen c’est vous glissé sous ma porte, du nommé Bures « candidat de la droite et du centre » (il y en a un autre nommé Chabert, il y en eut un troisième nommé Grenot qui dépité de ne pouvoir être à la place de Chabert a rallié Bures, il y en a même eu un quatrième si l’on compte Albert (tiny), l’ancien Maire battu par la gauche sportive, qui voulut faire don de sa personne pour résoudre le problème posé par les trois autres mais à qui ces gens de droite centrée ou de centre droitier ont dit « non merci, on est capable de perdre sans toi »).

    Bures donc, de la droite sportive, photographié en maillot pendant les dix kilomètres de Rouen. Il déclare en première page que « vos priorités seront les priorités de notre programme ». Quelles sont-elles ces priorités (établies par une « grande enquête citoyenne ») ? Dans l’ordre : Sécurité Propreté Emploi Circulation Fiscalité. Il veut donc se faire élire pour gérer les affaires courantes.

    En dernière page, la lettre de soutien que lui a envoyé Alain Juppé qui, à Bordeaux, a pourtant des ambitions un peu plus élevées.

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    Quelle découverte pour Bures : une majorité de vieilles et de vieux ont peur dans la rue. Comme l’évoquait je ne sais plus qui un jour sur France Culture, c’est pourtant dans un endroit où ils se sentent en sécurité qu’il arrivera malheur à pas mal d’entre eux, leur salle de bain (ils y feront une mauvaise chute).

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