• Visite avortée de la Maison Européenne de la Photographie

    Après un certain temps passé chez Book-Off, rue du Faubourg Saint-Antoine, ce mercredi après-midi, et en étant ressorti un sac de livres à la main, je décide d’aller voir ce qui se passe à la Maison Européenne de la Photographie dont je n’entends plus parler depuis un moment.

    Je m’y rends à pied et paie les quatre euros cinquante demandés aux personnes d’un âge certain. Connaissant les lieux, je file directement au vestiaire, soucieux de me débarrasser de mon sac de livres, de mon sac à dos et de mon vêtement d’hiver (il fait une chaleur exagérée ici).

    Mauvaise surprise, ce vestiaire a disparu. Je trouve à sa place une quinzaine de casiers à code. Tous sont occupés. N’ayant pas envie de parcourir les sous-sols et les étages en supportant vêtement et sacs, je décide de jeter mes quatre euros cinquante à la poubelle et retourne à l’accueil où j’explique ma déconvenue à deux hommes inoccupés derrière une caisse.

    Celui qui me répond me dit qu’il n’est pour rien dans la suppression de ce vestiaire :

    -Nous, on subit.

    -C’est surtout le visiteur qui subit, lui fais-je remarquer. A qui faut-il se plaindre ?

    -Au directeur, me dit-il, c’est lui qui a décidé ça.

    Je ne sais ce que l’on montre en ce moment à la Maison Européenne de la Photographie, sans doute rien d’exceptionnel, sinon j’en aurais entendu parler. Quand il y aura une exposition qui me fera vraiment envie, je ne vois pas d’autre solution désormais que de faire garder mes sacs par les employé(e)s du Centre Pompidou.

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    Depuis l’an deux mille, toute innovation dans une institution culturelle publique ou privée se traduit par une suppression ou bien une diminution de l’offre.

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    Rouen, jeudi matin, le cafetier de la place de la Calende a des soucis : « Dimanche, marché de Noël jusqu’à vingt heures, fermeture des toilettes publiques à douze heures trente, ils vont pisser où les exposants ? Chez moi. »

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    Rouen, jeudi après-midi, rue de la Croix de Fer, je m’arrête pour laisser une jeune musulmane voilée en prendre une autre en photo près d’un faux sapin en bois rouge grenat. « Nous sommes bien assortis » me dit cette jolie fille dont la tenue est effectivement de la même couleur que ce faux arbre de Noël.

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