• Voisinage, vide greniers (Bois-Guillaume, Rouen Bons Enfants) et boulangerie

    Pour qui veut faire bruyamment la fête un soir et ne pas s’attirer de remontrances, la méthode consiste à afficher un petit mot pour les chers voisins avec prière d’excuser pour la gêne occasionnée, ce que fait ce samedi soir un couple de voisines à propos d’un anniversaire. Ce petit mot a valeur de feu vert. On a prévenu donc on peut y aller côté bruit.

    Je vais dormir encore une fois dans la petite chambre. Vers une heure et demie du matin, je tente de réintégrer ma vraie chambre mais dans le jardin, c’est encore rires et bla-bla. A cinq heures, je suis néanmoins debout et prends bientôt la route qui monte sévèrement à Bois-Guillaume.

    Le vide grenier se tient au parc des Cosmonautes sur des terrains de foute. La pluie menaçante a dissuadé certain(e)s de venir déballer. Je fais le tour des présent(e)s. De temps à autre tombe une ondée rapide. Des nuages noirs annonçant une drache durable, je rejoins ma voiture sans avoir trouvé quoi que ce soit.

    De retour à Rouen, je laisse passer la pluie et vais voir à quoi ressemble le premier vide grenier de la rue des Bons-Enfants. A pas grand-chose, quelques stands ici où là, à l’aspect désolé, ce n’est pas avec ça que les commerçants organisateurs ranimeront leurs boutiques.

    Des commerçants qui vont bien, ce sont les jeunes patrons de la boulangerie rue Saint-Nicolas où je m’arrête en rentrant. Une affiche manuscrite apprend à leur clientèle qu’ils sont en vacances pour quinze jours, laissant la boutique entre les mains des ouvriers et des vendeuses, pour tout « mécontentement », pour tout « désagrément », qu’on les prévienne à l’adresse mail qui suit, un appel à la délation bien de notre époque. Il y a quelques mois sur la vitrine de ces heureux vacanciers figurait l’affichette « Sacrifié mais pas résigné ».

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    Une soliloqueuse, rue Armand-Carrel : « D’abord, quand on sait parler toutes les langues, on se fait pas chier à Rouen. J’y habiterais pas. »

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    Quel que soit le bar, il y a un type au comptoir qui connaît tout sur tous les aéroports du monde bien qu’il n’ait jamais pris l’avion. 

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    Rien que de les entendre parler des travaux qu’ils font dans leur appartement, je suis épuisé.

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